Rapport du risque mondial pour les entreprises - T4 2019

Dix principaux risques pour les entreprises

Le Rapport du risque mondial pour les entreprises de Dun & Bradstreet classe les principales menaces pour les entreprises en fonction de l’impact potentiel de chaque scénario de risque sur les entreprises, en attribuant un score à chaque risque. Les scores des dix principaux risques sont utilisés pour calculer un score global pour l'Impact mondial sur les entreprises (IME).

Notre plus récent score de l’IME met en évidence une légère amélioration des perspectives pour les activités transfrontalières, après que le score ait atteint son pire niveau au T2.

Les risques demeurent extrêmes

Le score IME de Dun & Bradstreet s'est légèrement amélioré pour un deuxième trimestre consécutif, atteignant un record de 308 au T2 2019. Toutefois, le score du T4 de 291, bien que meilleur, reste à un niveau élevé, ce qui indique que l'environnement opérationnel mondial reste lourd. Le score du T4 est le troisième plus élevé depuis le lancement de la mesure en 2013 et se situe bien au-dessus de la moyenne à long terme (255,6). En dépit de l'amélioration observée ce trimestre, le score actuel montre que le risque pour les entreprises s'est considérablement aggravé depuis le T1 2018, année où le meilleur score de 219 a été enregistré.

Nos dix principaux risques combinent une évaluation des éléments suivants : (i) l’ampleur de l’effet probable de l’événement sur l’environnement opérationnel mondial, sur une échelle de 1 à 5 (1 étant l’impact le plus faible et 5 le plus important); et (ii) la probabilité que l'événement se produise.

Sept nouveaux risques parmi les dix principaux risques mondiaux

Soulignant l'environnement mondial en constante évolution, nous comptons un nombre record de sept nouvelles entrées dans le top 10 du Rapport du risque mondial pour les entreprises pour le T4 2019 : deux d'Europe de l’Ouest et centrale, deux interrégionales et une pour l'Amérique du Nord, l'Asie-Pacifique et l'Europe de l'Est et l’Asie centrale.

Ces sept nouvelles entrées sont les suivantes :

  1. La BCE injecte davantage de stimulants monétaires, maintenant ainsi la valeur de l’euro à un niveau bas, pouvant conduire à la mise en place de barrières commerciales aux États-Unis et réduisant le commerce mondial et donc les opportunités commerciales (indice brut de 36 sur un maximum de 100);
  2. L’enquête de destitution pousse les États-Unis vers une division accrue et sape la dynamique politique bipartite, rendant très probable une fermeture du gouvernement à la fin novembre et bouleversant les marchés financiers mondiaux (IME de 30);
  3. Les valeurs et les investissements du secteur mondial de la technologie s’effondrent dans le contexte d’obstacles de sécurité nationaux inattendus aux chaînes d’approvisionnement, au commerce et aux investissements, les marchés prenant en compte les risques spécifiques à chaque pays. Les marchés du capital-risque et de l’immobilier commercial dans les centres d’affaires de premier ordre sont sous le choc (IME de 27);
  4. Les menaces technologiques, principalement dues à l’intelligence artificielle, entraînent des dommages économiques et des risques géopolitiques. Les menaces de cyber-attaques, le vol de données, les activités frauduleuses d’acteurs étatiques et non étatiques, ainsi que les risques de défaillance des informations et des réseaux ne cessent d’augmenter (IME de 27);
  5. La Russie utilise la dépendance excessive de l’Europe de l’Ouest sur ses exportations d’énergie pour promouvoir une politique régionale plus affirmée, perturbant ainsi les relations commerciales entre la Russie et l’Europe (IME de 27);
  6. Le déclin des partis traditionnels de centre droit et surtout de centre gauche se poursuit, ce qui conduit à un plus grand nombre de gouvernements sceptiques vis-à-vis de l’UE en Europe, complique l’élaboration des politiques dans l’UE et sape l’environnement des entreprises (IME de 27); et
  7. En Chine, la contagion des créances irrécouvrables dans l’industrie et les administrations locales déclenche une crise financière dans les petites banques et des recapitalisations d’urgence, qui mettent à nu les faiblesses d’une série d’économies provinciales en difficulté (IME de 26).

Parmi les risques préexistants de notre top 10, deux scores IME se sont améliorés, tandis qu'un autre est resté identique. Le top 10 du T4 met en évidence la diversité géographique des risques auxquels les entreprises sont confrontées dans l’environnement actuel : trois risques proviennent d’Europe de l’Ouest et centrale, deux d’Amérique du Nord, un d’Asie-Pacifique et un d’Europe de l’Est et centrale; trois risques interrégionaux complètent le top dix. Les types de risque restent également divers et sont associés à l'élaboration des politiques (3), à la politique (3), aux questions structurelles (2) et aux développements économiques (2). Cela renforce le fait que les équipes des finances, des achats et de la chaîne d'approvisionnement de tous les secteurs d'activité doivent lutter contre les effets d'un monde de plus en plus complexe et mondialisé.

Des échecs dans l’élaboration de politiques pourraient miner le flux commercial

Les deux principaux risques du dernier Rapport du risque mondial pour les entreprises sont liés aux décideurs et à la manière dont leurs décisions pourraient nuire au flux commercial mondial. À égalité en premier lieu, avec un IME de 36 (contre 42 dans le rapport précédent), nous craignons que les décideurs ne soient pas en mesure de négocier un règlement qui mette fin à la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Cet échec entraînerait une spirale du conflit, avec des effets secondaires négatifs qui compenseraient de nouvelles opportunités commerciales et affaibliraient les volumes du commerce mondial.

La première place à égalité - et la nouvelle entrée la plus forte, avec un IME de 36 - nous préoccupe également du fait que les décideurs américains réagissent négativement aux nouvelles mesures de relance monétaire de la BCE (qui maintiendraient la valeur de l’euro à un niveau inférieur). En réponse, les États-Unis pourraient augmenter les barrières commerciales aux exportations de l'UE, limitant les flux des échanges commerciaux et nuisant ainsi aux opportunités commerciales.

Le dernier facteur de risque lors de l’élaboration des politiques est que les décideurs dressent des barrières de sécurité nationales pour les chaînes d’approvisionnement, le commerce et les investissements, les marchés prenant en compte les risques propres à chaque pays. Cela aurait un impact négatif sur les valeurs et les flux d'investissement du secteur mondial de la technologie, avec un accent particulier sur les marchés du capital-risque et de l'immobilier commercial dans les grands centres d'affaires. Ce facteur interrégional présente un IME de 27 et occupe la cinquième place.

Préoccupations politiques

Chacune des trois préoccupations politiques est une nouvelle entrée. Notre première préoccupation politique, avec un IME de 30 et la troisième place dans l’ensemble, est que les retombées potentielles de l’enquête en cours sur la destitution du président américain conduisent à une plus grande polarisation bipartisane, entraînant une forte probabilité (75 %) de fermeture du gouvernement à la fin novembre, bouleversant les marchés financiers mondiaux.

La deuxième préoccupation politique est au cinquième rang égal avec un IME de 27. Notre inquiétude est que la Russie utilise la dépendance excessive de l’Europe de l’Ouest sur ses exportations d'énergie pour promouvoir une politique régionale plus affirmée, perturbant les relations entre la Russie et l'Europe et rendant la conduite des affaires plus difficile. La question politique finale, qui émane d'Europe de l’Ouest et centrale, occupe également la cinquième place avec un IME de 27. Nous craignons que le déclin des partis centristes en Europe se poursuive, ce qui conduira à un plus grand nombre de gouvernements sceptiques au sein de l'UE, compliquant ainsi la prise de décision dans l'UE et nuisant à l'environnement des entreprises.

Questions structurelles

Deux questions structurelles à plus long terme figurent parmi nos dix principaux risques. En quatrième place, avec un IME de 28 (comme dans le rapport précédent), les politiques de pénurie de main-d'œuvre et d'immigration en Europe de l’Ouest et centrale ont entraîné une diminution du potentiel de croissance à long terme de l'UE, nuisant ainsi aux perspectives commerciales mondiales. Le deuxième risque structurel est celui des dommages économiques et des dommages géopolitiques découlant des menaces technologiques, principalement tirées par l'intelligence artificielle. Les menaces de cyber-attaques, le vol de données, les activités frauduleuses d’acteurs étatiques et non étatiques, ainsi que les risques de défaillance des informations et des réseaux ne cessent d’augmenter. Ce facteur interrégional est une nouvelle entrée et occupe la cinquième place à égalité avec un IME de 27.

Préoccupations économiques

Deux risques économiques occupent les places restantes dans notre top dix. En cinquième place égale avec un IME de 27, une baisse comparativement à 39 (et en seconde place) dans notre rapport précédent, nous nous inquiétons de l’expansion actuelle aux États-Unis qui a atteint son apogée, entraînant un tournant dans le cycle du crédit et finalement dans le cycle économique américain, ayant également un impact sur les perspectives mondiales.

Le second impact économique est une nouvelle entrée à la dixième place et présente un IME de 26. Ici, nous craignons que la contagion des créances irrécouvrables dans l'industrie et les gouvernements locaux en Chine déclenche une crise financière dans les petites banques, nécessitant des recapitalisations d'urgence. Cela mettrait à nu les faiblesses d'une série d'économies provinciales en difficulté.

Résumé : Les risques liés à l’environnement des entreprises diminuent légèrement

Le score de Dun & Bradstreet pour l’Impact mondial sur les entreprises du T4 2019 révèle que les risques auxquels les entreprises sont confrontées demeurent élevés par rapport aux normes historiques, malgré une légère amélioration par rapport au trimestre précédent (passant de 293 à 291). La note du T4 2019 met en évidence le fait que les décideurs économiques doivent toujours surveiller de près et de manière continue l'environnement économique mondial en raison du ralentissement marqué de l'économie mondiale. La répartition géographique et la diversité des risques liés à l'élaboration des politiques, à la politique, aux problèmes structurels à long terme et aux développements économiques rendent l'environnement des affaires de plus en plus difficile.

Dix principaux risques

Classement Région Risque Possibilité de l’événement  (%)
Impact mondial (1-5) Impact mondial sur les entreprises (1-100)
1 Interrégional Les négociations ne parviennent pas à mettre un terme à la guerre commerciale américano-chinoise, qui s’enroule en spirale, avec des effets secondaires négatifs neutralisant les nouvelles opportunités et ralentissant la croissance du commerce mondial. 60 3 36
2 Europe de l’Ouest et centrale La BCE injecte davantage de stimulants monétaires, maintenant ainsi la valeur de l'euro à un niveau bas; cela pourrait conduire à la mise en place de barrières commerciales aux États-Unis, réduisant le commerce mondial et par conséquent les opportunités commerciales. 60 3 36
3 Amérique du Nord L’enquête de destitution pousse les États-Unis vers une division accrue et la coopération bipartite s’effondre, rendant la fermeture du gouvernement à la fin novembre très probable et bouleversant les marchés financiers mondiaux. 75 2 30
4 Europe de l’Ouest et centrale La pénurie de main-d'œuvre et les politiques anti-immigration entraînent une diminution du potentiel de croissance à long terme de l'UE, sapant ainsi les opportunités commerciales mondiales. 70 2 28
5 Interrégional Les valeurs et les investissements du secteur mondial de la technologie s'effondrent dans le contexte d'obstacles inattendus à la sécurité nationale pour les chaînes d'approvisionnement, le commerce et les investissements, alors que les facteurs de risque des pays reviennent. Les marchés du capital de risque et de l'immobilier commercial dans les grands centres d'affaires sont sous le choc. 45 3 27
6 Interrégional Les menaces technologiques, principalement motivées par l'intelligence artificielle, entraînent des dommages économiques et des risques géopolitiques. Les menaces de cyber-attaques, le vol de données, les activités frauduleuses d’acteurs étatiques et non étatiques, ainsi que les risques de défaillance des informations et des réseaux ne cessent d’augmenter. 45 3 27
7 Europe de l’Est et Asie centrale La Russie utilise la dépendance excessive de l'Europe de l’Ouest sur ses exportations d'énergie pour promouvoir une politique régionale plus affirmée, perturbant les relations commerciales entre la Russie et l'Europe. 45 3 27
8 Amérique du Nord Aux États-Unis, les taux de pointe ont été atteints pour l'expansion en cours, ce qui a entraîné un retournement du cycle du crédit et finalement du cycle économique américain; ayant, à son tour, un impact sur les perspectives mondiales. 45 3 27
9 Europe de l’Ouest et centrale Le déclin des partis traditionnels de centre droit et surtout de centre gauche se poursuit, ce qui conduit à un plus grand nombre de gouvernements sceptiques vis-à-vis de l'UE en Europe, compliquant la prise de décision politique dans l'UE et sapant l'environnement commercial. 45 3 27
10 Asie-Pacifique En Chine, la contagion des créances irrécouvrables dans l'industrie et les administrations locales déclenche une crise financière dans les petites banques et des recapitalisations d'urgence, révélant les faiblesses d'une série d'économies provinciales en difficulté. 65 2 26