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Le risque mondial s’est amélioré pour le quatrième trimestre d’affilée.

Le score du risque mondial de Dun & Bradstreet s’est amélioré pour un quatrième trimestre d’affilée, passant de 80,3 au T3 de 2017 à 79,5 au T4, selon les dernières constatations de l’Indice des risques de l’Institut agréé d’achat et de fourniture (CIPS), alimentées par les données et les analyses des économistes de Dun & Bradstreet. Cette dernière lecture constitue la première fois où l’indice régresse sous la barre des 80 points au cours des deux dernières années, ce qui le ramène à un niveau jamais vu depuis le T1 de 2016. Les risques liés aux chaînes d’approvisionnement sont inférieurs et sont censés s’améliorer à court terme dans la foulée d’une croissance mondiale accélérée.

Voici pourquoi :

  • une accélération synchronisée de la croissance chez les grandes économies mondiales
  • le raffermissement des prix à la consommation qui vient stimuler le potentiel de croissance des exportations de biens de consommation et des économies émergentes
  • des mises à niveau dans la plupart des pays en termes d’évaluations des risques opérationnels

Les plus grands risques à court terme dans la chaîne d’approvisionnement mondiale sont les suivants :

  • la négociation et l’incertitude continue entourant l’ALÉNA
  • les risques géopolitiques en Europe de l’Est et en Asie centrale, ainsi que les niveaux élevés de prêts peu performants
  • l’absence de majorité en Italie à l’élection de mars, qui génère une incertitude éventuelle
  • les sanctions occidentales contre la Russie
  • la qualité du crédit en Chine et en Inde
  • les niveaux élevés et continus d’insécurité, surtout dans les pays ravagés par la guerre, soit l’Iraq, la Libye, la Syrie et le Yémen
  • le retrait des États-Unis du vaste plan d’action conjoint, mieux connu sous le nom d’Accord sur l’Iran
  • la crise économique qui sévit au Venezuela
  • le risque politique élevé en Afrique sub-saharienne

Nous prévoyons actuellement un raffermissement de la croissance en 2018, selon le FMI et la Banque mondiale. Notre prévision de 3,2 % correspondrait à la croissance mondiale la plus vigoureuse depuis la reprise de 2010 après la récession de 2008 et 2009. En termes régionaux, la perspective pour l’Amérique du Nord (surtout les États-Unis) s’améliore en ce moment, tout comme celle pour l’Europe de l’Ouest, et nous avons récemment mis à jour notre prévision de croissance pour la Chine (même si nous demeurons préoccupés par la qualité du crédit). Par conséquent, notre perspective pour l’Asie Pacifique est demeurée à « stable ». Ce qui suit sont des extraits des risques par pays et par région. Le rapport intégral se trouve ici.

Risques de la chaîne d’approvisionnement par pays et par région

En savoir plus (en anglais)

Amérique du Nord

Le risque lié à la chaîne d’approvisionnement en Amérique du Nord est demeuré le même au T4 de 2017, vu que ni le Canada ni les États-Unis n’ont connu de changements dans les scores de risque de leur pays respectif. La tendance sous-jacente dans le risque de la chaîne d’approvisionnement s’améliore, alors qu’une accélération constante de la croissance tant du Canada que des États-Unis stimulera la croissance régionale en 2018 jusqu’à son taux le plus élevé depuis la fin de la récession. La résilience du marché du travail dans les deux pays sera un facteur clé qui favorisera la croissance et l’inflation, tandis que les deux banques centrales continueront de normaliser leur politique monétaire en tirant profit de la robuste perspective à court terme.

Dun & Bradstreet prévoit que la croissance aux États-Unis grimpera à 2,7 % en 2018, avec des risques à la hausse. L’estimation avancée du Bureau des analyses économiques montre que le PIB réel a progressé selon un taux annuel rajusté en fonction de la saison (TARS) de 2,6 % au T4 de 2017, juste en dessous du taux de 3,2 % établi au T3, mais assez ferme pour porter la croissance de l’année civile 2017 à 2,3 %, conformément à nos prévisions. Les bases de l’économie demeurent solides, et les États-Unis traversent leur troisième plus longue expansion. La croissance en 2018 sera alimentée par une embauche persistante et ferme sur le marché du travail, des dépenses constantes de la part de consommateurs confiants et des investissements accrus des entreprises haussières bénéficiant de la récente réduction du taux d’imposition des milieux d’affaires.

Notre prévision de croissance mondiale de 3,2 % serait la croissance la plus ferme depuis la reprise de 2010 par suite de la récession.
 

Notre prévision d’un taux de chômage sous les 4 % s’est concrétisée en mai, lorsque le taux a bondi à 3,9 %. Il constitue la première fois où le chômage est moindre que 4 % depuis 2000. La faible croissance des salaires a été l’aspect manquant d’un historique d’emplois par ailleurs reluisant, mais le compte rendu des emplois de janvier a émis le signal le plus encourageant à ce jour que la croissance des salaires commence enfin à s’accélérer. Le resserrement faible et persistant du marché du travail laisse entrevoir que la croissance des salaires, et surtout la croissance des gains en général, continuera de prendre de la vigueur graduellement en 2018.

 

Au Canada, 2017 marquait un net point tournant dans l’économie : après des années de sous-rendement, une poussée de croissance générale s’est fait sentir alors que le PIB réel grimpait à un rythme annuel estimatif de 3,1 % : la croissance la plus vigoureuse depuis 2011. Même si le rythme de croissance en 2017 était inégal, plusieurs indicateurs de croissance ont affiché des niveaux nettement supérieurs, y compris en production industrielle, en commerce de détail et de gros, ainsi qu’en commerce total (exportations et importations), tandis que les données découlant des sondages sur les entreprises et la consommation grimpaient tout au long de l’année. De plus, le marché du travail montrait de la résilience. La poussée de croissance de l’emploi à temps plein était puissante en 2017, avec des gains les plus marqués en pourcentage de l’effectif total depuis 2011. En raison d’une baisse du travail, la rémunération totale s’est également améliorée de façon marquée tout au long de 2017. La tendance graduelle vers un marché du travail à la hausse continuera de permettre une croissance de la consommation en 2018, malgré les limitations dues à un endettement élevé des ménages. En 2018, prévoyez que la croissance du PIB réel d’ensemble ralentira comparativement au rythme de 2017, mais qu’elle bondira toujours de 2,4 % au milieu des changements continus dans la composition du portefeuille de croissance.

Europe de l’Ouest et Europe centrale

Pour le troisième trimestre d’affilée, les niveaux de risques ont chuté en Europe de l’Ouest et en Europe centrale. Dans l’ensemble, la région a connu quatre relèvements et une rétrogradation au dernier trimestre de 2017. Fait primordial à souligner, compte tenu de la taille du pays, le classement du risque de l’Allemagne a mérité une révision à la hausse. Tandis que le risque politique demeure quelque peu supérieur à la normale, compte tenu des pourparlers de coalition continus par suite de l’élection de septembre, les indicateurs macroéconomiques demeurent judicieux; par contre, les développements quant au rendement des paiements et à l’échec commercial sont toujours de qualité exceptionnelle.

Les Pays-Bas ont également connu une augmentation du classement du risque alors que l’économie a vécu une expansion rapide et que les indicateurs prospectifs pointent vers un solide taux de croissance en 2018 et en 2019. Du même souffle, les données d’Altares, partenaire du réseau mondial de Dun & Bradstreet situé à Rotterdam, montre que le nombre d’échecs d’entreprises a reculé grandement tout au long de 2017, tandis que le délai de paiement moyen a reculé.

Ailleurs, à la mi-février, l’Instituto Nacional de Estatística a produit une estimation préliminaire de la croissance générale de 2017, ce qui nous a incités à relever notre classement du risque d’ensemble pour le Portugal. Selon notre estimation précédente, la croissance du PIB a atteint 2,7 % en 2017, en hausse par rapport au taux de 1,5 % enregistré en 2016; et, compte tenu de la vigueur des investissements et des demandes intérieures, nous considérons que la croissance est suffisamment équilibrée pour justifier un relèvement du classement.

Le bureau national de la statistique de la Grèce (ELSTAT) a annoncé qu’il avait revu sa méthode de compilation des PIB en octobre, pour la rendre conforme au Système européen des comptes nationaux et régionaux (CNR) 2010; et qu’il avait, par conséquent, mis à jour ses données sur les PIB. Son rythme d’expansion économique s’accélérera vraisemblablement en 2019, dû à l’amélioration continue des conditions du marché du travail, avec un effet massue positif sur le pouvoir d’achat des ménages.

En Italie, aucun parti ni coalition unique n’a pu obtenir une majorité parlementaire absolu à son élection de mars. En lieu et place, un fractionnement des voix entre l’alliance de centre-droite, la M5S anti-institutionnelle, et le centre-gauche, y compris le Parti démocratique au pouvoir, a mené à un Parlement figé et à une longue pente à remonter pour former un gouvernement. Il y a un vaste consensus que la non-obtention d’un net vainqueur à la suite du dépouillement des bulletins de vote s’explique en partie par la soi-disant Rosatellum, une nouvelle loi électorale qui privilégie les coalitions tout en compliquant, pour les partis, la tâche de remporter la victoire par eux-mêmes. Somme toute, un gouvernement de coalition transitionnel ayant comme objectif de diriger le pays vers des nouvelles élections pourrait être le scénario le plus probable.

Europe de l’Est et Asie centrale

Notre pointage de classement du risque pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale a connu une légère amélioration au T4 de 2017. Cependant, le pointage continue d’indiquer que, en moyenne, le risque lié à la chaîne d’approvisionnement y est plus élevé que dans toute autre région du globe, sauf en Afrique sub-saharienne. L’amélioration est le produit de l’effet de base de notre relèvement quartile pour l’Uzbekistan (toujours dans la catégorie des « risques très élevés ») à la fin du T3 dans notre sous-région de l’Asie centrale. Pareil relèvement faisait suite à la décision du gouvernement de laisser flotter la devise en septembre, ce qui laisse entendre que le président Shavkat Mirziyoyev est sérieux à propos de la réforme économique.

Bien que le risque national demeure élevé pour l’ensemble de la région, la perspective est stable et il y a des indications d’améliorations en vue. La reprise régionale continue de prendre de l’envol, le point focal de la politique étant mis sur les pays du CÉI (Commonwealth des États indépendants, une alliance d’ex-états soviétiques), qui subissent graduellement un virage depuis la gestion de crises vers l’aide aux rajustements et à la reprise. Les prix élevés à la consommation, une demande externe plus ferme et un net appétit des investisseurs pour les actifs des marchés émergents ont aidé à stimuler l’activité régionale en 2017 et devraient appuyer la croissance en 2018. Somme toute, la trajectoire des prix du pétrole demeure un facteur crucial de la perspective économique : nous prévoyons que le prix du pétrole annuel moyen prendra de la vigueur en 2018, passant à 59,10 $ le baril, comparativement à 54,40 $ le baril en 2017.

Asie Pacifique

Le score de risque de l’Asie Pacifique s’est légèrement amélioré, dû principalement au redressement de l’indicateur des risques nationaux de Singapour en décembre 2017. Le pointage de Singapour a été rétrogradé par Dun & Bradstreet durant la période de faible croissance vécue par Singapour en 2015, mais la cité-état a réussi à naviguer parmi les méandres de ce ralentissement après une bonne période de croissance du PIB réel supérieure à la moyenne, alimentée surtout par la fabrication de produits électroniques, de diodes et d’appareils biomédicaux, les statistiques des ports marquant la reprise. L’environnement du commerce extérieur a rebondi pour justifier le relèvement.

Il y a eu divers problèmes aussi. En Inde, des changements de dernière minute aux taux des différents produits selon la nouvelle Taxe sur les produits et services (TPS) ont perturbé les chaînes d’approvisionnement et freiné la collecte de la taxe alors que les entreprises se démenaient avec les exigences bureaucratiques et informatiques. La nouvelle taxe a causé une perturbation des sociétés et des chaînes d’approvisionnement au T4, réduit les recettes fiscales engrangées par le gouvernement et, en retardant les rabais de taxe aux exportateurs, causé de graves pénuries de capital fonctionnel parmi ces entreprises.

En décembre, nous avons rétrogradé la perspective du contexte d’approvisionnement de la Chine de « stable » à « se dégrade » en raison des pénuries de gaz naturel. La demande chinoise a grimpé en réaction aux ambitieuses cibles visant à mettre un terme à l’utilisation du charbon dans les systèmes d’alimentation électrique, de production industrielle et de chauffage des districts du Nord de la Chine. L’augmentation de la demande de la Chine en GNL acheminé par camions-citernes a incité le marché local mondial à se refermer considérablement en 2017, les prix ayant presque doublé par rapport à la période de juin à décembre. Malgré deux nouveaux terminaux de GNL (commandés en 2017) qui portaient le total national à 16, Beijing et le centre économique nordique périphérique ont connu une pénurie de gaz au beau milieu d’un hiver froid. L’administration de l’énergie nationale de la Chine a repris les rênes du système d’allocation du gaz naturel des mains des sociétés pétrolières nationales, accordant à la demande des ménages la priorité officielle. Des détournements de gaz depuis les provinces de l’Est, du Sud et de l’Extrême-Ouest ont causé des pénuries et des fermetures pour les utilisateurs industriels à l’échelle nationale, le gaz étant détourné vers le Nord dès janvier.

Il n’y a eu aucune grande catastrophe naturelle ayant a eu un effet perceptible sur les scores de risque ou sur les prévisions économiques brevetés de Dun & Bradstreet depuis la saison des cyclones en Australasie, puis l’accalmie en Asie, en 2017. Au T1 de 2018, un séisme à Taïwan a exposé les faiblesses des codes du bâtiment préalables à 1997 alors que plusieurs gratte-ciels se sont effondrés par suite des secousses, mais il n’y a eu aucune perturbation de la production industrielle. Cependant, les sécheresses ont continué au Sri Lanka et en Corée du Sud.

Moyen-Orient et Afrique du Nord

Le score de risque pour la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MOAN) a empiré pour un troisième trimestre d’affilée au T4 de 2017. Le changement dans le risque a trait aux effets fondamentaux au trimestre précédent de notre relèvement d’un quartile pour l’Égypte en septembre et la rétrogradation de trois quartiles pour l’Oman en août. En outre, nous avons rétrogradé le classement de risque pour le Liban d’un quartile en novembre, avant d’inverser la rétrogradation le mois suivant. La pression à la baisse sur les classements de risques nationaux régionaux provient de quatre sources. Premièrement, les niveaux élevés d’insécurité continus, surtout en Iraq, en Libye, en Syrie et au Yémen. Deuxièmement, et ces réalités sont liées, la Guerre froide islamique entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Troisièmement, les prises de bec diplomatiques continues entre le Quatuor (l’Arabie saoudite, les ÉAU, le Bahrein et l’Égypte) et le Qatar. Quatrièmement, la pression que Washington continue d’exercer sur l’Iran.

En lien avec les perspectives des statuts du contexte de l’offre pour les pays individuels du MOAN, nous n’avons apporté aucun changement de haut niveau au T4 de 2017, ce qui signifie que seulement deux pays de la région, Israël et les ÉAU, relèvent de la catégorie « verte ». Six pays (l’Iraq, la Jordanie, le Liban, la Libye, la Syrie et le Yémen) ont un statut « rouge », soit parce qu’ils sont limitrophes de pays ravagés par la guerre civile ou aux prises avec une guerre civile. Cependant, en novembre, nous avons relevé la tendance quant à la perspective du contexte de l’offre pour la Syrie à « s’améliore », vu que la guerre y est à son étape ultime et que les zones sous emprise gouvernementale affichent désormais un environnement d’affaires relativement haussier. Nous avons également relevé la perspective du contexte de l’offre pour le Qatar en octobre, de « se dégrade rapidement » à « se dégrade », alors que le pays s’adaptait plus rondement que prévu au boycott économique de la part du Quatuor.

Amérique latine

Notre Indice des pointages de risque pour l’Amérique latine a bondi alors que les récents développements politiques ont compliqué l’élaboration des politiques et ont créé une incertitude accrue dans les milieux commerciaux de plusieurs pays. De plus, étant donné que la région se trouvait dans un cycle électoral intense qui se prolongerait jusqu’en 2019, et qui comprend des scrutins législatifs et présidentiels dans les principales économies, le risque politique sera un facteur déterminant de la perspective à court terme en Amérique latine. Au Costa Rica, un scandale complexe impliquant du trafic d’influences et de la corruption a gravement miné la confiance populaire dans la classe politique et – peut-être, surtout – affaibli sa démocratie, du fait qu’il a entaché la réputation de membres de l’appareil judiciaire. Ensemble, avec la position fiscale toujours préoccupante du Costa Rica, nous avons rétrogradé notre classement des risques nationaux d’ensemble, et rajusté la perspective de « stable » à « se dégrade ».

Dans un ordre semblable, les événements politiques ont mené à la rétrogradation de la perspective de classement du Pérou de « stable » à « se dégrade », alors que le président Pedro Pablo Kuczynski a accordé un pardon à l’ancien président, Alberto Fujimori, qui purgeait une peine de 25 ans pour corruption et violations des droits de la personne.

La décision de M. Kuczynski a plongé le Pérou dans sa pire crise politique des dernières années et provoqué une série de protestations de rue, de démissions au sein du Cabinet et de pertes de sièges au Congrès, ainsi qu’une condamnation internationale. Compte tenu de l’effritement du capital politique dont jouissait M. Kuczynski, la perspective est incertaine.

La crise au Venezuela s’intensifie, et nous lui avons assigné une perspective « se dégrade rapidement ». Cela n’étonnera personne, mais M. Maduro est censé obtenir un second mandat de six ans, malgré la crise économique handicapante. M. Maduro s’en est pris aux opposants au régime politique, qui ont été emprisonnés ou bannis. La décision d’aller de l’avant avec l’élection de décembre 2018 est largement perçue comme une mesure visant à tirer profit de la désorganisation de l’opposition.

Inversement, et malgré les tensions politiques, la perspective de classement du Brésil a été rehaussée à « s’améliore » plutôt que « stable » où elle se situait, alors que la reprise économique s’est accélérée et a surpassé les prévisions initiales. Par conséquent, nous avons rajusté notre prévision de croissance pour 2018 à 2,2 % par suite de la croissance estimative de 1,0 % en 2017. Les taux d’intérêts historiquement bas, les salaires réels plus élevés et l’augmentation de l’emploi continueront d’appuyer la demande de ménages, tandis que la demande extérieure et les prix à la consommation reprendront de la vigueur au cours des prochains trimestres. La confiance et les attentes des entreprises s’améliorent aussi, mais sont confinés par l’incapacité du gouvernement d’adopter des réformes cruciales à la réduction de l’endettement fiscal. La perspective à moyen terme demeure obstruée par l’omission d’adopter les réformes des régimes de retraite cruciales qui permettraient au gouvernement de respecter le plafonnement des dépenses fédérales approuvé en décembre 2016. Avec les élections d’octobre, les doutes que le président puisse faire progresser les réformes augmentent, compte tenu de la désillusion de l’électorat par rapport aux dirigeants politiques actuels et au besoin d’un appui multipartite pour faire progresser les réformes des régimes de retraite nettement impopulaires.

Somme toute, la reprise économique de la région se poursuivra en 2018, étayée par une croissance accrue au Brésil et en Argentine. Notre perspective pour l’Argentine est particulièrement optimiste et a mené à un relèvement du classement de risques de son pays, au-delà de notre catégorie « à très haut risque », parmi les progrès marqués quant à la réforme fiscale. En décembre, plusieurs importantes mesures fiscales ont été approuvées par le Congrès, y compris le budget de l’AF 2018, une entente avec les gouvernements provinciaux visant à réduire leurs déficits, une réforme de la taxe et une réforme impopulaire, mais cruciale, des régimes de retraite. Le gouvernement a déjà procédé à des compressions dans les subventions et, jumelées aux dernières réformes, cherche à réduire davantage les dépenses gouvernementales en encourageant les investissements pour créer un environnement commercial plus concurrentiel.

Afrique sub-saharienne

Le risque lié aux chaînes d’approvisionnement s’est amélioré quelque peu en Afrique sub-saharienne au cours des trois mois précédant décembre, bien qu’aucun des pays de la région n’ait été relevé ou rétrogradé. Les risques sous-jacents pointent vers une légère amélioration des chaînes d’approvisionnement à court terme, avec une meilleure croissance prévue à moyen terme. Une croissance globale plus rapide et des prix à la consommation supérieurs seront les principaux moteurs de l’accélération de la croissance de l’Afrique sub-saharienne en 2018. Alors que la Réserve fédérale américaine continue de rehausser ses taux en 2018 et que l’étau financier mondial se resserre, les économies régionales peuvent souffrir de périodes de déboursés de capitaux et de devises plus faibles. Entre-temps, le risque politique demeure élevé, et des épisodes sporadiques de troubles civils pourraient compromettre le retour de la région à une croissance plus rapide. Malgré la divergence parmi les grandes économies de la région, la perspective moyenne en 2018 pour l’Afrique sub-saharienne demeure tributaire de notre prévision pour les prix à la consommation. Plus particulièrement, nous prévoyons que le prix d’un baril de brut Brent se détaillera en moyenne à 74,40 $ en 2018, une valeur très supérieure à sa moyenne de 54,40 $ enregistrée en 2017, mais toujours inférieure aux prix de plus de 100 $ constatés durant la période précédente de prix du pétrole élevés. La dynamique de la demande et de l’offre mondiales en pétrole dicte donc que les poids-lourds régionaux comme l’Angola et le Nigeria devront diversifier leurs activités depuis leur dépendance aux hydrocarbures et envisager plutôt des stratégies de croissance de rechange pour augmenter leurs gains.

Une autre dévalorisation du taux de change est prévue en 2018, compte tenu de la croissance économique contenue et des finances nationales faibles. La plus grande économie régionale, l’Afrique du Sud, a enfin connu une fin aux mois d’intenses guerres politiques intestines qui ont grandement plombé la confiance des entreprises et l’attitude des investisseurs mondiaux au T4. Dans une fin dramatique à son mandat assiégé, le président Jacob Zuma a finalement remis sa démission en février. La confiance des consommateurs et des entreprises demeure basse, l’attitude des investisseurs est affaissée et la solvabilité du pays est mise en doute. Les conditions économiques pourraient commencer à reprendre de la vigueur en 2018 : les prix légèrement plus élevés pour les principaux biens à l’exportation de l’Afrique du Sud, une production minière plus élevée, une reprise de l’agriculture et des offres d’électricité améliorées créeront quelques moteurs positifs derrière la perspective économique à court terme du pays, mais la croissance demeure fragile.

L’économie nigérienne a émergé de la récession mais demeure alourdie par des finances publiques étirées, des préoccupations par rapport aux liquidités, des mainmises de capitaux et une incertitude par rapport aux politiques. Le gouvernement envisage des investissements dans l’infrastructure et les activités autres que celle du commerce du pétrole, mais ses projets de dépenses seront restreints par le déficit fiscal et un important fardeau de service de la dette. Le gouvernement a réussi à faire progresser certaines réformes pro-entreprises au cours des dernières années, ce qui l’a propulsé au rang des grands réformateurs commerciaux dans le dernier rapport Doing Business 2018 de la Banque mondiale. L’instabilité politique et les préoccupations sur le plan de la sécurité continueront de plomber la scène politique intérieure, créant une inertie des politiques et minant la croissance économique. L’Éthiopie figure parmi les économies qui connaissent l’essor le plus rapide en Afrique, et les cabinets internationaux continuent de s’aligner pour s’implanter dans un des marchés et une des bases de production les plus prometteurs du continent. Le gouvernement investit grandement dans les transports et l’infrastructure électrique et dans les parcs industriels axés sur l’exportation. Ces démarches comprennent des projets qui visent à améliorer la connexité et l’accès aux ports maritimes de l’Afrique de l’Est. Le gouvernement a levé un état d’urgence qui avait été imposé à la fin de 2016 en réponse à des soulèvements civils. Un risque de protestations et de manifestations perturbatrices et renouvelées persiste, et les conditions de sécheresse dans certaines parties du pays ajoutent au sentiment d’instabilité sociale.

Pour de plus amples perspectives par pays/région, télécharger le rapport intégral.

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