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Résolutions de 2019 : Réflexion sur les réalités des données en 2019

Les progrès reposent toujours sur la disponibilité des données.

Je crois me souvenir assez clairement du jour où je suis devenu fasciné par le distributeur d'essuie-mains. J'étais en cours de physique à l’école secondaire et mon incroyable professeur a demandé à la classe, d'une manière merveilleusement socratique, de poser des théories sur le fonctionnement interne du distributeur de papier essuie-mains situé dans le laboratoire, fondées sur nos observations externes (on pouvait se servir du distributeur, mais sans le démonter). C’était le vieux modèle qui tournoyait avec une manivelle et distribuait un flot de papier blanc avec de petites découpes en carreaux tout le long du bord de la serviette de papier. Plus on tournait la manivelle, plus de papier été distribué.

Le résultat a entrainé un exercice fascinant où nos questions suscitaient d’autres questions. Comment le mouvement circulaire de la manivelle se traduit-il en mouvement linéaire du papier ? (engrenages à vis cylindriques). Que signifient les encoches dans le papier ? (mécanisme de maintien du papier avec supports radiaux). Quelle est la cause du clic ? (mécanisme d'accouplement à crabots pour empêcher le recul). Qu'en est-il de la relation entre le nombre de tours et la quantité de papier distribué ? Tout cela a suscité une grande discussion sur le sujet.

J'ai saisis à quel point il est important de poser des questions face à ce qui est tenu pour acquis. J'ai beaucoup appris sur le rôle des progrès réalisés par moyen d'observation et par la formulation d'hypothèses. J'ai appris...enfin plusieurs choses ! Donc, avec la nouvelle année qui commence, je me retrouve à observer notre monde numérique et à me demander comment exactement un autre ellipse autour du soleil a changé notre relation avec le monde des données ainsi qu’avec les technologies qui se servent de ces données. Sommes-nous simplement en train de tourner la manivelle pour enlever des serviettes en papier, ou peut-on tirer quelque des leçons rentables de cette expérience si l’on prend un peu de recul pour observer tout simplement ?

Les réalités : Certaines choses conservent leur véracité et n'ont pas beaucoup changées

Se familiariser avec les aspects d’un système complexe qui reste raisonnablement constant ou universellement vrai, restera toujours une sage idée. En ce qui concerne l'intelligence artificielle (IA), la première observation de ce genre, au niveau des appareils autonomes et des autres technologies étonnantes qui évoluent à grands sauts, provient en partie du fait que les progrès sont encore largement liés à la disponibilité des données. Les méthodes d'IA qui reposent sur des données antérieures (par exemple, des méthodes supervisées) entament l'avènement d’une convergence numérique, en grande partie parce que nous disposons d’encore plus de données pour récolter des renseignements et, en fin de compte, pour justifier des cas d'utilisation de plus en plus complexes. Même les méthodes qui utilisent des données nouvellement préparées (par exemple, des méthodes de convolution utilisées pour tous genres de classifications, telles que la reconnaissance d'objet) ont accès à un corpus de données beaucoup plus important et difficile à ingérer. Imaginez-vous entrer dans une bibliothèque qui contient mille livres plutôt qu’une bibliothèque qui contient un milliard de livres avec des millions de livres ajoutés chaque jour.

Nous devons faire attention à ne pas nous noyer dans la richesse de nos données. Toutes ces projections sont-elles réelles ? Certainement pas. Les données sont-elles manipulées dans certains cas pour influencer les résultats ? Probablement. Il est certain que dans divers domaines, tels que les soins de la santé ou en conception de produits, de grandes quantités de données historiques peuvent être extrêmement utiles. D’autres domaines tels que la cybersécurité ou le comportement des consommateurs, peuvent en réalité être considérablement perturbés par le fait que le passé ne ressemble tout simplement pas au présent en ce qui concerne l’utilisation, de manière totalement efficace, des données longitudinales. Pour être valables, les méthodes fondées sur la stabilité d'un environnement de génération de données, nécessitent une période de perturbation minimale. Par contre, nous vivons actuellement des périodes turbulentes et constantes.

Il reste à imaginer comment les futurs anthropologues seront confus par nos exploits. Actuellement, nous utilisons cette technologie pour produire des exploits extraordinaires, tels que la sonde solaire Parker, qui examine le soleil de plus près qu'on ne l’a jamais pensé. Nous avons même récemment assisté à l'introduction d'un nouveau plat alimentaire par IA pour les animaux domestiques, créé pour les prévenir de prendre la nourriture destinée à d'autres animaux domestiques. Sommes-nous en train de miser notre technologie là où nous pouvons rapidement récolter d’autres gros avantages, ou aurions-nous l'audace d'aller là où aucune technologie n'est encore jamais allée ? La réponse se trouve probablement entre les deux, mais le rapport est laissé à chacun de nous à réfléchir.

Alors que nous examinons les vérités, qui semblent aller de soi, au niveau de notre utilisation des données et des technologies qui traitent les données, nous ferions bien de considérer à quel point la situation évolue à mesure que de plus en plus de données deviennent disponibles et nous inondent.

L’apprentissage : Devenons-nous plus intelligents ou au contraire plus envahis ?

Au niveau des données, certains phénomènes sont pour le moins intéressants. Il convient donc de réfléchir à la manière dont nous devons progresser dans nos relations avec nos données. L'une d'entre elles reste la vie privée. Presque toutes les régions du monde mettent en oeuvre des modifications règlementaires ou des évènements d'actualité influencés par des points de vue divergents sur la confidentialité et la propriété des données. La question de savoir qui contrôle les données et ce que l'on peut en faire dans différents contextes, fait l'objet de nombreux débats et n'offre désormais aucune solution précise à court terme. En même temps, nous sommes conscients qu’une prolifération de confidentialité signifie généralement une diminution de données (soit moins des données divergentes ou des données moins facilement accessibles). Les technologies qui traitent et consomment les données vont-t-elles faire un pas en arrière dans l'évolution dû à un changement dans le flux et la nature des données existantes ? Si oui, quelles sont les implications pour les applications critiques ?

Nous avons certainement appris que le simple fait de recueillir des informations sur les cyber-évènements passés n’est pas suffisant pour se défendre contre les méfaits futurs.
 

La vie privée et la sécurité sont des cousines proches. Nous sommes conscients que le simple fait de recueillir des informations sur les cyber-évènements du passé n’est pas suffisant pour se défendre contre les méfaits du futur. Les nouvelles méthodes de classification ainsi que certaines technologies très prometteuses au niveau de la projection des risques sur un ensemble d'observations, illustrent l'évolution des capacités à notre portée. Le domaine du cryptage continue d’être un secteur soigneusement étudié où nos connaissances ne seront jamais suffisantes. Une plus récente évolution basée sur l'observation des installations ainsi que leurs caractéristiques pour formuler des clés de cryptage encore plus opaques, n'est qu'un exemple parmi d'autres de la manière dont nous continuons à rechercher des moyens plus robustes pour protéger nos données. Conjointement, des technologies telles que l’informatique quantique rappellent de manière claire et actuelle à quelle mesure ce domaine est constamment en évolution et certes continuera à évoluer à grands sauts, pendant un bon moment.

 

L’Internet n'a pas encore 30 ans. Pour un individu, il s’agit d’un âge d'illumination, de découverte de soi, de nouvelles opportunités. Mais en réalité, notre Internet est ancien. On demande à notre Internet de faire des choses pour lesquelles il n'a jamais été conçu, et à des volumes et des vitesses jamais imaginées. La deuxième génération de jeunes natifs numériques (ceux qui sont nés avec l’Internet dans leur vie) ont certaines attentes envers l'omniprésence de l’Internet (du Wi-Fi partout), de l'inter-connectivité (toute présence possède une adresse et peut faire partie du Web), et de la parité (on peut faire ce qu’on veut et aussi où on veut), qui sont tout simplement irréalistes compte tenu du rythme actuel des progrès. Alors que les pays du monde entier envisagent l’avenir de l’Internet, les options sont nombreuses et variées. Beaucoup diront que nous n’avons pas commencé à appliquer la sagesse de nos conseils des années précédentes alors que les attentes continuent de dépasser notre réalité. Ajoutez à cette réalité le fait que la plupart des informations ne peuvent pas être consultées sur Internet (par exemple, elles résident sous un mot de passe, un pare-feu, sur le Web sombre etc.) et il semble évident que l’avenir ne sera pas si facilement prévisible en ce qui concerne le lieu où nous conserverons l’ensemble de nos données et comment nous y accèderons.

L'avenir des méthodes de partage de l'information et dans quelle mesure celles-ci seront compartimentées et contrôlées dépeint un futur loin d'être assuré. Ce qui est certain, semble-t-il, c’est que nos efforts actuels ne seront pas suffisants dans l’avenir proche.

Résolutions : À quoi s'attendre en 2019

Avec ces observations de ce qui est, et les tendances qui s’amorcent à l’égard des données et des technologies associées, certaines résolutions de 2019 semblent en ordre. Voici les miennes.

  1. J'examinerai de plus près la nature du battage publicitaire par rapport à la situation réelle, en particulier en ce qui touche les technologies qui consomment et produisent des données.
  2. J’exigerai aux autres de formuler de solides réponses, non seulement en ce a trait aux données qu’ils utilisent, mais également sur aux données qu’ils n’utilisent pas et pourquoi.
  3. Je contribuerai au dialogue sur des questions importantes en matière de la confidentialité des données, de l'avenir du travail numérique et de tout ce qui touche le monde virtuel.

Comme il nous l’a déjà été si judicieusement signalé, il reste que la seule constante dans la nature, c’est le changement. Aujourd’hui nous nous séchons les mains avec des essuie-mains à air compressé, sans contact et à haute vitesse. Bien que ce progrès soit intéressant, il s’agit également d’un progrès évolutif. Dans le monde des données, il nous semble que cette constante ne soit, en effet, pas du tout une constante. Avec les données, le degré de changement est si énorme qu'il est difficile à décrire ou à envisager son impact. Nous continuons de voir des opportunités incroyables se présenter ainsi que de nouveaux risques inquiétants associés à la découverte et à l'utilisation des données. Une chose est certaine, cette année sera pleine de surprises !

Pour en savoir plus sur le leadership éclairé et les prédictions d’Anthony Scriffignano, visitez sa page de perspectives sur dnb.com.

Cet article a également été publié en anglais sur LinkedIn.

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