La Grille des risques mondiaux du T4 de 2018

Les dix principaux risques mondiaux pour les entreprises

La Grille des risques mondiaux (GRM) de Dun & Bradstreet classe les principales menaces d’affaires selon l’incidence potentielle de chaque scénario de risques sur les sociétés, en attribuant un pointage à chaque risque. Les pointages des dix principaux risques permettent de calculer un pointage général selon l’Incidence mondiale sur les entreprises (IME).

Notre dernier pointage IME souligne une troisième rétrogradation successive de la perspective de risques chez les entreprises transfrontalières, ce qui propulse le risque à son niveau le plus élevé depuis le T4 de 2016 et qui le situe au-delà de la moyenne à long terme pour la deuxième fois depuis ce trimestre.

L’évaluation des risques mondiaux se détériore pour le troisième trimestre consécutif

Le pointage IME de Dun & Bradstreet s’est détérioré pour un troisième trimestre successif, passant de 265 (sur un maximum de 1 000) au T3 de 2018 à 270 au T4, ce qui indique une dégradation de l’environnement mondial d’exploitation des entreprises. Le pointage du T4 est le plus élevé depuis la crête engendrée par les politiques du T4 de 2016 et se situe bien au-delà de la moyenne à long terme (248,5). La moyenne de 2018 (250,0) est la moyenne annuelle la plus élevée depuis 2014. Elle montre également qu’il y a eu une importante augmentation du risque aux entreprises en 2018 depuis le bas record de 219 constaté au premier trimestre.

Nos dix principaux risques économiques combinent une évaluation de ce qui suit : i) l’ampleur de l’effet probable de l’événement sur l’environnement d’exploitation des entreprises mondiales, sur une échelle de 1 à 5 (où 1 est l’incidence la plus basse; et 5, celle la plus élevée); et ii) la probabilité de survenue de l’événement.

Trois nouveaux risques économiques parmi les dix principaux risques mondiaux

Soulignant l’environnement mondial en constante mutation, il y a trois nouvelles entrées dans la Grille des risques mondiaux de Dun & Bradstreet au T4 de 2018 : une en Amérique latine, une en Asie-Pacifique et une en Europe occidentale.

Les trois nouveaux risques sont les suivants :

  1. Que le péso argentin s’effondre et qu’il fasse augmenter les craintes d’un arriéré de dette souveraine, ce qui déclencherait, à son tour, une vente d’obligations mondiales massive (une IME de 27, sur un maximum de 100);
  2. Qu’en Chine, les tarifs américains grugent les profits des entreprises et que la contagion découlant des mauvaises créances des milieux d’affaires/organismes municipaux déclenche ensuite un ralentissement considérable de l’économie, ce qui exigerait des sauvetages bancaires en série (une IME de 27);
  3. Qu’en Allemagne, le départ lent d’Angela Merkel de son poste de pouvoir mène à l’effondrement du gouvernement de coalition actuel et déclenche des élections hâtives, créant une instabilité dans toute l’UE (une IME de 21).

Parmi nos risques préexistants à l’économie mondiale, cinq sont demeurés les mêmes, tandis qu’un pointage IME a diminué et un a augmenté. Somme toute, les risques demeurent géographiquement dispersés et diversifiés, en ce qui a trait aux guerres commerciales, à la politique, aux développements économiques, aux nouvelles technologies et aux changements climatiques. Cela réitère le fait que les équipes des finances, des achats et des chaînes d’approvisionnement de tous les secteurs de l’entreprise doivent lutter contre les impacts d’activités de plus en plus complexes et mondialisées.

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Les facteurs de risques liés aux guerres commerciales prédominent

Notre Grille des risques mondiaux du T4 de 2018 indique que les préoccupations liées aux guerres commerciales sont élevées, ce qui augmente le risque des transactions interfrontalières; trois de nos dix principaux risques commerciaux sont liés à ce facteur. En cinquième position, avec une IME de 42 (une hausse par rapport à celle de 30 du rapport précédent), se trouve notre inquiétude que les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine omettent d’enrayer une guerre commerciale, qui s’envenime, avec des effets secondaires néfastes qui compensent les nouvelles possibilités et qui refroidissent l’essor commercial mondial. À égalité en troisième position avec une IME de 27 se trouve une nouvelle entrée. Elle a trait au fait qu’en Chine les tarifs commerciaux grugent les profits des entreprises. La contagion découlant des mauvaises créances ultérieures des milieux d’affaires/organismes municipaux déclenche ensuite un ralentissement considérable de l’économie, ce qui exige des sauvetages bancaires en série. Le troisième risque lié aux guerres commerciales se trouve à égalité en huitième position avec une IME de 21 (la même que celle du rapport précédent). Dans ce cas, nous nous inquiétons que les accrochages commerciaux menés par les États-Unis motivent l’adoption d’entraves de représailles au commerce de la part des joueurs autres qu’américains. Les effets d’entraînement causent un ralentissement de la croissance mondiale et fait grimper le risque opérationnel transfrontalier.

Les facteurs de risques politiques supplémentaires

En septième position, avec une IME de 24 (la même que dans le rapport précédent), se trouve notre inquiétude qu’un renversement militaire contre le président vénézuélien Nicolas Maduro aboutirait à une soudaine baisse de la production pétrolière nationale et déclencherait des prix du pétrole à plus de 110 USD/b. Le deuxième risque politique est lié au départ d’Angela Merkel de son poste de pouvoir auprès de la superpuissance de l’UE, soit l’Allemagne, ce qui pourrait mener à l’effondrement du gouvernement de coalition actuel. Cela déclencherait des élections hâtives, créant une incertitude dans toute l’Europe et ralentissant l’essor continental.

Les facteurs de risques économiques

Trois préoccupations économiques transparaissent de la GRM du présent trimestre. À égalité en troisième position avec une IME de 27 se trouve une nouvelle entrée. Elle a trait à l’effondrement potentiel du péso argentin, qui fait augmenter les craintes d’un arriéré de dette souveraine, ce qui déclencherait, à son tour, une vente d’obligations mondiales massive causant la perturbation en gros des marchés d’immobilisations. En sixième position avec une IME de 25 (le même pointage que celui du rapport précédent) est la préoccupation panrégionale que la dette mondiale croissante, jumelée à la montée des taux d’intérêts, déclenche une nouvelle crise de l’endettement, ce qui créerait une crise bancaire systémique et enverrait l’économie mondiale en contraction. Entre-temps, à égalité en huitième position avec la même IME (de 21) se trouve une menace émanant de l’Amérique du Nord. Nous sommes inquiets que le programme de relance financière américain mène à une surchauffe de l’économie des États-Unis, provoquant un ralentissement subséquent qui, à son tour, aurait une incidence sur la croissance économique mondiale.

Les autres facteurs

Les deux derniers facteurs sont tous deux panrégionaux. En deuxième position avec une IME de 36 (la même que celle du rapport précédent) se trouve notre préoccupation que le problème en forte croissance de la cyberdépendance et de la connexité soulève des questions de cybersécurité plus fréquentes et plus dommageables, avec des ramifications sur les affaires mondiales. En cinquième position, somme toute, avec une IME de 26 (une baisse comparativement au chiffre de 30 du rapport T3), se trouve un risque lié aux changements climatiques. Plus précisément, nous sommes préoccupés par le fait que l’instabilité du courant jet continue de créer des motifs météorologiques persistants et anormaux dans tout l’hémisphère nord, ce qui fait grimper les coûts pour le public et les entreprises.

Sommaire : Le milieu d’affaires se dégrade une fois de plus

Le pointage de l’Incidence mondiale sur les entreprises au T4 de 2018 de Dun & Bradstreet montre que les risques auxquels sont confrontées les entreprises se sont aggravés pour un troisième trimestre consécutif (après le bas record enregistré au T1 de 2018). Le pointage du T4 souligne que, malgré la prise en compte de la reprise économique mondiale, les décideurs des entreprises doivent surveiller le milieu des affaires mondial de manière continue et attentive. La répartition géographique et la diversité des risques liés aux guerres commerciales, aux politiques, aux développements économiques, aux nouvelles technologies et aux changements climatiques convergent pour faire en sorte que le milieu des affaires demeure stimulant.

Les dix principaux risques économiques du T4 de 2018

En savoir plus (en anglais).

The Global Risk Matrix: Q1 2018

The Global Risk Matrix: Q2 2018

The Global Risk Matrix: Q3 2018

The Global Risk Matrix Q4 2017