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La matrice du risque global : T2 2018

Les dix principaux risques qui menacent les entreprises

La Matrice du risque mondial (MRM) de Dun & Bradstreet classe les principales menaces d’affaires selon l’incidence potentielle de chaque scénario de risques sur les sociétés, en attribuant un pointage à chaque risque. Les pointages des dix principaux risques permettent de calculer un pointage général selon l’Impact économique global (IÉG).

Notre dernier pointage IÉG souligne une perspective de risques rétrogrades chez les entreprises transfrontalières. Cela inverse la tendance progressiste qu’on a constatée aux deux trimestres précédents, ce qui propulse le risque à son niveau le plus élevé depuis le T4 de 2016 et qui le situe juste en deçà de la moyenne à long terme.

Les risques au niveau le plus élevé depuis le T4 de 2016

Le pointage IÉG de Dun & Bradstreet a bondi d’un bas record de 219 au premier trimestre (T1) de 2018 (sur un pointage maximal de 1 000) à 246 au T2 de 2018, ce qui indique une régression de l’environnement d’exploitation des entreprises mondiales. Le pointage T2 est le plus élevé depuis la crête de 281 au T4 de 2016 et juste légèrement inférieur à la moyenne de 246,5; il est juste au-dessus de la moyenne de 228,5 enregistrée en 2017.

Nos dix principaux risques combinent une évaluation de ce qui suit : i) l’ampleur de l’effet probable de l’événement sur l’environnement d’exploitation des entreprises mondiales, sur une échelle de 1 à 5 (où 1 est l’impact le plus bas; et 5, celui le plus élevé); et ii) la probabilité de survenue de l’événement.

Six nouveaux risques parmi les dix principaux risques mondiaux

L’environnement d’exploitation des entreprises mondiales qui empire et qui est le plus volatile est indiqué dans six nouvelles entrées dans la Grille des risques mondiaux du T2 de 2018 de Dun & Bradstreet : deux provenant de l’Amérique du Nord, deux de toutes les régions, une de l’Europe occidentale et centrale et une autre de l’Amérique latine.

Les six nouvelles entrées liées aux risques sont les suivantes : 

  1. La relance fiscale américaine mène à une surchauffe. Les salaires et les prix s’accélèrent, le Fédéral réagit en haussant les taux d’intérêt plus rapidement et engendrant des crêtes de stress financier, ce qui déclenche un ralentissement dans tous les États-Unis et étouffe la croissance mondiale (IÉG de 40, sur un maximum de 100).
  2. La dette mondiale croissante jumelée à la montée des taux d’intérêts déclenche une nouvelle crise de l’endettement, ce qui crée une crise bancaire systémique et envoie l’économie mondiale en contraction (IME de 25).
  3. L’incitatif provenant de la relance fiscale américaine tombe au-delà du court terme, mais s’ajoute aux déficits fiscaux et commerciaux à plus long terme, ce qui limite la capacité du gouvernement de réagir à la prochaine crise cyclique. Cela exacerbe le prochain ralentissement mondial (IÉG de 24).
  4. Une victoire du candidat de droite à l’élection présidentielle en Colombie fait dérailler le processus de paix du FARC et freine les négociations. Cela mène à une résurgence des activités et des attaques du FARC, surtout sur les infrastructures pétrolières, ce qui fait grimper les prix du pétrole mondiaux (IÉG de 22).
  5. Les négociations omettent de stopper une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, ce qui déclenche une spirale; les effets secondaires négatifs annulent les nouvelles possibilités, ce qui refroidit la croissance commerciale mondiale (IÉG de 21).
  6. La vitesse du relâchement monétaire dans la zone euro est trop élevée, ce qui diminue le potentiel de croissance de la région et, par extension, la croissance mondiale (IÉG de 18).

Parmi nos risques préexistants, trois sont demeurés les mêmes. L’IÉG d’un seul risque a augmenté : celui qui a trait à la possibilité d’une résistance du Mexique aux propositions des États-Unis dans le secteur de l’automobile, ce qui motive une entente définitive par rapport à une version révisée de l’ALÉNA au T4, conservant ainsi une incertitude accrue des investisseurs et ajoutant à la volatilité des marchés et, par extension, à l’incertitude mondiale. Somme toute, les risques demeurent géographiquement répartis et diversifiés dans les technologies, la politique, la sécurité et les actions et réactions des stratèges aux projets économiques. Cela renforce la notion que les équipes des finances, des achats et des chaînes d’approvisionnement de tous les secteurs de l’entreprise doivent lutter contre les impacts d’activités de plus en plus complexes et mondialisées.

Score de l’Impact économique global


 

Pointage des incidences mondiales sur l’entreprise
Pointage IÉG trimestriel
Pointage IÉG moyen (246,5)
T1 2014
T2 2014
etc….

Les stratèges jouent un rôle crucial dans la limitation des risques

Selon la Matrice du risque mondial (MRM) de Dun & Bradstreet au T2 de 2018, les actions des stratèges au cours des prochains mois seront cruciales pour l’environnement d’exploitation des entreprises mondiales. En Amérique du Nord, contrôler la relance fiscale sera vitale, comme en témoignent deux de nos quatre principaux risques. En première position, avec un IÉG de 40, se trouve notre préoccupation que la relance fiscale américaine mène à une surchauffe, annonçant l’arrivée d’un ralentissement correspondant qui viendrait, à son tour, créer des incidences sur la croissance économique mondiale. Une préoccupation à plus long terme occupe une quatrième position parmi nos dix principaux risques, avec un IÉG de 24; il s’agit ici du risque que, au-delà du court terme, l’incitatif financier ne viendra qu’ajouter aux déficits fiscaux et commerciaux des États-Unis, minant les capacités des autorités de réagir au prochain ralentissement cyclique, ce qui aurait de nouveau un impact sur les perspectives mondiales.

Les préoccupations liées aux négociations commerciales ressortent aussi vivement de la Matrice du risque mondial. À égalité en cinquième place avec une IÉG de 22 (une hausse de 20 points par rapport au trimestre précédent) se trouve la peur à court terme que la résistance du Mexique face aux propositions des États-Unis au sujet du secteur de l’automobile motive l’entente définitive sur l’ALÉNA au T4, laissant ainsi une incertitude accrue des investisseurs et ajoutant à la volatilité des marchés et, par extension, à l’incertitude mondiale. En outre, nous nous inquiétons que les négociations omettent de stopper une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, qui partirait en spirale, avec des effets secondaires négatifs qui viendraient annuler les nouvelles possibilités et refroidir la croissance commerciale mondiale; ce risque a un IÉG de 21 et occupe la septième position.

Un autre aspect de l’environnement d’élaboration des politiques est la façon dont les autorités réagissent au fardeau de plus en plus élevé de la dette mondiale, qui menace de déclencher une autre crise dans le secteur bancaire (qui pourrait, à son tour, envoyer l’économie mondiale en contraction). Ce risque occupe la troisième position, avec une IME de 25. Enfin, à égalité en neuvième position avec une IME de 18 se trouve notre préoccupation que la vitesse du relâchement monétaire dans la zone euro est trop élevée, ce qui réduit le potentiel de croissance de la région et, par extension, la croissance mondiale.

Les nouvelles technologies causent de l’incertitude

Deux risques pour toutes les régions ayant trait aux changements technologiques sont de nouveau soulignés dans la Matrice du risque global du T2 de 2018. En deuxième position (une baisse par rapport à la première position) avec un IÉG de 36 (le même que celui du trimestre précédent) est notre préoccupation que le problème en forte croissance de la cyberdépendance et de la connexité soulèvera des questions de cybersécurité plus fréquentes et plus dommageables, avec des ramifications sur les affaires. Ce risque est devenu de plus en plus évident en 2017. Notre second risque panrégional lié aux technologies est à égalité en neuvième place, avec un IÉG de 18 (le même que celle du trimestre précédent). Ce risque de cybersécurité a trait à l’intégration accélérée des bitcoins et autres cryptomonnaies aux transactions et marchés financiers mondiaux dominants, ce qui présenterait des nouveaux défis et risques de réglementation parmi les portefeuilles des investisseurs.

Les risques pour la sécurité augmentent du point de vue de leurs impacts

À égalité en cinquième position, avec un IÉG de 22, se trouve notre inquiétude qu’une victoire du candidat de droite à l’élection présidentielle en Colombie fasse dérailler le processus de paix du FARC et freine les négociations et que cela mène à une résurgence des activités et des attaques du FARC, surtout sur les infrastructures pétrolières, ce qui ferait grimper les prix du pétrole mondiaux. Les préoccupations de sécurité sont également reflétées dans notre inquiétude à propos d’une escalade des tensions irano-saoudiennes menant à une confrontation militaire directe (par opposition aux guerres par procuration actuellement disputées). Tout conflit militaire direct viendrait vraisemblablement cibler les installations pétrolières, poussant les prix du pétrole à la hausse à au moins 150 $USD le baril; ce risque occupe la huitième position avec un IÉG de 20 (le même que celui du trimestre précédent).

Sommaire : Les risques qui empirent soulignent le besoin d’une vigilance accrue

Le pointage de l’Impact économique global sur les entreprises au T2 de 2018 de Dun & Bradstreet montre que les risques auxquels sont confrontées les entreprises ont empiré depuis le bas record du trimestre précédent. Le pointage souligne que, malgré un rendement économique mondial amélioré, les décideurs des entreprises doivent surveiller le milieu d’affaires mondial de manière continue et attentive. La répartition géographique et la diversité des risques liés aux nouvelles technologies, à la politique, à la sécurité et à l’élaboration de politiques convergent pour faire en sorte que le milieu d’affaires demeure stimulant.


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