Matrice globale du risque 2e trimestre 2017

Les 10 principaux risques pour les entreprises dans l’économie mondiale d’aujourd’hui

La Matrice du risque global de Dun & Bradstreet sert à classer les plus grandes menaces auxquelles les entreprises doivent faire face selon l'impact éventuel de chaque scénario de risque sur les entreprises, en attribuant un score à chaque risque. Les scores des dix principaux risques s'utilisent pour le calcul du score d'Impact économique global. Notre plus récent score d'Impact économique global met en lumière des perspectives de risque considérablement améliorées pour les affaires transfrontalières : suite à la chute significative du trimestre dernier, le score a enregistré une baisse encore plus marquée à son niveau le plus bas.

Les risques sont à leur plus bas depuis le lancement de la Matrice du risque global en 2013

Le score d'Impact économique global de Dun & Bradstreet pour le 2e trimestre de 2017 a enregistré un second record minimum consécutif et est passé de 225 (d'un maximum de 1000) au 1er trimestre à 222, indiquant une amélioration de l'environnement économique global. Le score représente une amélioration considérable comparativement à la situation de la fin de l'année 2016 lorsque le score affichait un record presque maximum de 281; les résultats du 2e trimestre sont également bien au-dessous de la moyenne à long terme de 250,1. Le plus récent score confirme notre opinion selon laquelle les conditions économiques, encore influencées par les séquelles de la crise financière mondiale, ont permis de relever les défis de l'incertitude causée par les événements politique inattendus et dramatiques de 2016, notamment le vote par le R.-U. de quitter L'UE et l'élection de Donald Trump à titre de président des É.-U. Ces deux événements ont dominé la Matrice du risque global à la fin de 2016. Néanmoins, les conditions économiques présentent tout de même plus de défis qu'avant la crise financière globale.

Le score Impact commercial global de Dun & Bradstreet pour le 2e trimestre de 2017 met en lumière une baisse des risques auxquels les entreprises font face durant le trimestre.
 

Nos dix principaux risques combinent une évaluation de : (i) l'ampleur de l'effet probable d'un événement sur l'environnement économique global, sur une échelle de 1 à 5 (pour laquelle 1 représente l'impact le plus faible et 5 l'impact le plus élevé); et de (ii) la probabilité que l'événement se produise.

 

Six nouveaux risques dans le top 10 global

La Matrice du risque global du 2e trimestre comporte six nouvelles inscriptions de cinq différentes régions, mettant en lumière le fait que les équipes des finances, de l'acquisition et de la chaîne d'approvisionnement à travers tous les secteurs des affaires font face à des risques en évolution constante dans un environnement de plus en plus complexe et mondialisé. Voici les six nouveaux risques :

  1. l'enquête élargie sur le scandale de corruption d'Odebrecht qui implique onze pays d'Amérique latine mène à l'annulation de douzaines de projets d'infrastructure dans le monde, entraînant ainsi des pertes considérables pour les partenaires et les fournisseurs (IÉG 24 sur un maximum de 100);
  2. les élections parlementaires en Italie se terminent avec la victoire des partis s'opposant à l'UE, déclenchant une pression accrue sur l'UE (IÉG de 24);
  3. les normes de l'IFRS 9 pour les banques dont l'entrée en vigueur est prévue pour janvier 2018 cause une forte augmentation du provisionnement des pertes sur prêts par les banques à l'échelle mondiale et une diminution de la croissance du crédit dans les marchés du crédit dirigés par les banques (20);
  4. les difficultés économiques persistantes et la frustration croissante face aux politiques gouvernementales et la corruption déclenchent des perturbations et des révolutions en Europe de l'Est et en Asie centrale, menant à l'effondrement des régimes politiques (18);
  5. l'accroissement de la puissance militaire en Russie et de son flanc oriental, et des mesures réciproques de l'OTAN déclenchent un conflit militaire direct (16); et
  6. la réserve fédérale des É.-U. hausse les taux trop rapidement afin de prévenir les pressions inflationnistes, étouffant l'expansion aux É.-U., augmentant la pression sur les devises des marchés émergents. (16).

Parmi nos risques existants, nous avons réduit la probabilité (de 60 % à 50 %) d'imposition d'ajustements fiscaux à la frontière aux É.-U. déclenchant une guerre commerciale éventuelle. Nous avons également réduit la probabilité (de 35 % à 33.3 %) de contagion des mauvaises créances dans l'industrie chinoise et le gouvernement local, déclenchant un atterrissage brutal pour le PIB et des sauvetages par l'État des banques intermédiaires, mais avons haussé l'impact global éventuel de 3 à 4 (sur un maximum de 5). Par conséquent, l'IÉG est passé de 21 à 26. Pour les deux risques restants, les score IÉG sont demeurés les mêmes que pour le 1er trimestre de 2017.

Sources diversifiées de risque : Amérique du Nord, interrégional, Asie Pacifique

La MRG pour le 2e trimestre de 2017 est la plus diversifiée à ce jour et présente des risques dans six de nos sept régions : Amérique du Nord (2), Asie Pacifique (1), Amérique latine (1), Europe de l'Ouest (1), Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) (1), et Europe de l'Est et Asie centrale (2), ainsi que deux risques interrégionaux.

Les principaux risques dans notre MRG proviennent de l'Amérique du Nord. Ils découlent de notre crainte d'une guerre commerciale globale, alors que l'imposition d'un rajustement de la taxe frontalière sur les importations déclenche des protestations officielles et des représailles probables des plus importants partenaires commerciaux globaux. Cette éventualité contribuerait à réduire davantage la croissance des investissements et du commerce mondial, freinant ainsi la reprise économique. Nous avons évalué le score IÉG à 30 (sur un maximum de 100), une baisse comparativement à 36 dans le rapport précédent.

L'autre risque émanant de l'Amérique du Nord occupe la neuvième place, à l'instar du IÉG de 16, et est une nouvelle inscription au tableau des risques. Ce risque est relié aux préoccupations selon lesquelles la réserve fédérale des É.-U. hausserait les taux d'intérêt trop rapidement afin de contenir les tensions inflationnistes, ce qui aurait un double impact d'étouffement de la croissance aux É.-U. et d'une pression accrue sur les devises des marchés émergents et, par extension, sur les possibilités de croissance.

En deuxième position dans l'ensemble, avec un IÉG de 28 (aucun changement), apparaît le plus grand risque interrégional. Comme souligné au cours de la fin de semaine du 13 mai 2017, la cyberdépendance et la connectivité rapidement grandissantes entraîneront des cyberattaques de plus en plus fréquentes et dommageables. Le second risque interrégional est une nouvelle inscription en sixième position avec un IÉG de 20, et sous le top dix antérieurement. Ceci se rapporte à la norme IFRS 9 pour les banques et qui entrera en vigueur en janvier 2018. Nous sommes inquiets que cette situation puisse causer une importante hausse du provisionnement des pertes sur prêts par les banques globalement et un affaissement de la croissance du crédit dans les marchés du crédit dirigés par les banques.

Le seul risque émanant de la région de l'Asie Pacifique occupe la troisième position avec un IÉG de 26, soit une hausse comparativement à 21 et une quatrième position lors du rapport précédent. Le risque touche une contagion par défaut éventuelle en Chine, nécessitant de l'aide de l'État et des émissions de capital d'urgence, particulièrement pour les banques intermédiaires, et déclenchant un atterrissement brutal pour l'économie chinoise, créant ainsi un impact négatif sur les possibilités de croissance à l'échelle mondiale.

Amérique latine, Europe de l'Ouest . Moyen-Orient - Afrique du Nord, Europe de l'Est - Asie centrale

Également en quatrième position avec un IÉG de 24 s'inscrit un nouveau risque émanant de l'Amérique du Nord. Ce risque touche l'enquête élargie sur le scandale de corruption Odebrecht. Il compte déjà 11 pays d'Amérique latine et plusieurs autres à l'extérieur de la région. Nous sommes inquiets que cette situation entraîne l'annulation de dizaines de projets d'infrastructure à l'échelle mondiale, menant à des pertes substantielles pour les partenaires et entrepreneurs étrangers.

Aussi en quatrième position, une nouvelle inscription avec un IÉG de 24, émane un risque de l'Europe de l'Ouest. Ce risque touche les élections parlementaires en Italie en février 2018 résultant en une victoire des partis s'opposant à l'UE. Cette situation entraînerait une hausse de la pression sur la viabilité de l'euro et soulèverait des doutes quant à la capacité de survie de l'UE, déclenchant ainsi une forte incertitude pour les affaires transfrontalières avec l'UE (et pour des affaires à l'intérieur du bloc lui-même).

Le plus récent score confirme notre point de vue que les chefs d’entreprises ont pu relever les défis de l’incertitude causée par les perturbations politiques inattendues en 2016.
 

Le risque enregistré pour la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord affiche le même score IÉG de 20 que pour le rapport précédent, bien qu'il occupe une position de moins, à six également. Ce risque s'associe au succès militaire dans la lute contre l'État islamique en Iraq, en Syrie et en Lybie. Notre préoccupation est que le groupe perpètre d'autres attentats à grand retentissement au Moyen-Orient, en Europe et en Asie, afin de compenser les revers. Cette situation risquerait de perturber l'environnement économique dans les trois régions.

 

La dernière région du top dix est l'Europe de l'Est et l'Asie centrale qui présente deux risques, soit deux nouvelles inscriptions. Également en huitième position avec un IÉG de 18, nous sommes inquiets que les difficultés économiques persistantes et la frustration grandissante quant aux politiques et à la corruption du gouvernement déclenchent des soulèvements et des révolutions dans la région, entraînant l'effondrement des régimes politiques et une très grande incertitude à court terme pour les entreprises. Enfin, également en neuvième position avec un IÉG de 16, nous craignons que le renforcement de l'appareil militaire en Russie, de son flanc occidental et des mesures réciproques de l'OTAN déclenchent un conflit militaire.

Résumé : Le climat économique s'améliore mais demeure difficile

Le score Impact économique global de Dun & Bradstreet pour le 2e trimestre de 2017 est encore à la baisse suite à une chute considérable lors du trimestre précédent, et est à son plus bas depuis ses débuts. Ceci indique que les entreprises ont surmonté des niveaux élevés d'incertitude causés par le Brexit et les élections de Donald Trump en 2016. Néanmoins, le climat économique demeure difficile et les décideurs d'entreprises doivent être conscients des risques en évolution constante.