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Le phénomène de l’IA : ce qu’elle signifie pour les entreprises

Réflexions de deux gourous mondiaux de la technologie d’affaires

La disponibilité mondiale croissante des technologies de l’IA alimentées par des quantités de plus en plus grandes de données pertinentes pour colliger les connaissances, améliorer le rendement et stimuler l’agilité a un effet dramatique sur le monde des affaires. Une recherche menée à partir de la Perspective économique mondiale d’avril 2018 indique que la dissémination de connaissances et des technologies au-delà des frontières s’est intensifiée en raison de la mondialisation. Son incidence : des avantages à court terme et des possibilités à long terme de gains en automatisation des procédés et en productivité, en innovation des produits, en élargissement des marchés, en respect des règles de conformité et en efficacité des chaînes d’approvisionnement. Les données probantes suggèrent également que les fraudeurs et autres malfaiteurs augmentent leur utilisation de l’IA, ce qui laisse entrevoir que le coût de toute omission de prendre des mesures actives dans ce domaine pourrait être très important.

Nous, chez Dun & Bradstreet, savons fort bien à quel point il est crucial pour les organismes, ceux qui exploitent leurs activités à la fois ici et ailleurs, d’avoir accès aux perspectives commerciales dont ils ont besoin pour prendre des décisions éclairées. Dans le monde contemporain, cela signifie profiter pleinement de technologies optimales et de données judicieuses. Voilà pourquoi le Réseau mondial de Dun & Bradstreeet (WWN) ( est un élément intrinsèque de notre présence à l’échelle mondiale. Une alliance inégalée entre Dun & Bradstreet et les principaux fournisseurs de renseignements commerciaux d’Europe, d’Asie, d’Afrique et des Amériques, le RM nous permet de découvrir et conserver des données et d’offrir des solutions à nos clients dans les régions reculées du globe.

Une assemblée annuelle récente, qui a eu lieu cette année au Mexique, a réuni nos directeurs généraux et dirigeants principaux du WWN pour discuter à la fois des possibilités et défis de croissance à court et à long termes et de la valeur accrue pour nos clients dans leurs marchés locaux et mondiaux. Durant l’événement, Anthony Scriffignano, Ph. D., scientifique en chef des données chez Dun & Bradstreet, et Anastassia Lauterbach, Ph. D., directrice de Dun & Bradstreet et présidente du Comité sur l’innovation et la technologie, ont présenté un discours-programme portant sur les occasions actuelles et éventuelles qui s’offrent, en IA, à la collectivité d’affaires. Avec Anastassia qui discutait du commerce de l’IA et Anthony qui mettait l’accent sur la science de l’IA, j’ai eu la possibilité de demander à tous les deux de partager leurs réflexions sur l’événement et le sujet.

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Melissa : Bonjour, Anastassia et Anthony. Merci de partager vos réflexions sur la façon dont vous entrevoyez que les entreprises s’adaptent mondialement par suite de l’avènement de plus en plus marqué et perturbateur des technologies et d’une croissance des données sans précédent. Nous lisons à propos de l’IA chaque jour et certains peuvent estimer qu’elle devient un terme surutilisé. Quelle est votre perception du degré de matière grise que l’IA accapare au sein de notre organisation? Dans quelle mesure est-elle vraiment importante?

Anastassia : Les capacités en IA décideront du positionnement concurrentiel de notre société dans l’industrie, et sa résilience vis-à-vis les nouveaux venus. Bien que nous utilisions des éléments de l’apprentissage machine pour mieux tirer profit de nos actifs de données, nous devons toujours mettre à jour l’architecture des TI et bâtir un écosystème composé de partenaires, de pigistes, d’experts de l’industrie, de conseillers et de scientifiques pour demeurer à l’avant-scène de l’IA. Cela ne se produira pas en l’espace d’une nuit. Conserver notre point focal et arrimer l’organisme sur ce qui pourrait devenir, un jour, une vaste stratégie d’IA sont des considérations de taille. Nous pencher sur la façon dont nous réalisons la R-D, construisons des prototypes, les commercialisons et échelonnons les produits rendus possibles grâce à l’IA, c’est la clé du succès.

Anthony : Nous parlons de l’IA et de ses capacités depuis un certain temps déjà. Cette année, je vois plus de données probantes suggérant que nous mettons davantage l’accent sur l’innovation dans ce domaine mondialement. Nous avons élargi de façon draconienne le corpus de données de plus en plus complexes. En outre, l’accent mis sur la confidentialité des données et sur la localisation des données à l’échelle mondiale a accentué la pression sur les entreprises partout pour qu’elles glanent le plus possible l’information parmi leurs données. Les données sont perçues comme un actif stratégique, et la capacité d’en déduire des intuitions de plus en plus percutantes est un différenciateur crucial.

Melissa : Vous avez tous deux une vaste expérience des affaires mondiales. En quoi l’évolution de l’IA diffère-t-elle dans les différentes parties du globe?

Anthony : Un grand pan de l’évolution de l’IA découle du volume, de la variété et de la véracité des renseignements disponibles. Les différentes parties du globe ont différents défis à relever, ce qui donne lieu à différents accents dans l’arène de l’IA. Par exemple, dans beaucoup de pays en voie de développement, il n’y a pas de grandes quantités de données historiques disponibles pour alimenter les algorithmes de l’apprentissage machine régressif traditionnels. Dans ces régions, les méthodes qui mettent l’accent sur l’extraction d’inférences à partir d’indices subtils parmi des données non structurées peuvent être très puissantes. Dans les marchés mûrs, où beaucoup plus de données historiques existent, il peut y avoir des défis avec les « fausses données » ou tout autre parti-pris dans les données, alors la détection des anomalies et l’heuristique peuvent constituer davantage un point focal. Il n’y a aucune pénurie de variété dans les méthodes de concentration des intérêts partout dans le monde. C’est une période très stimulante où se trouver dans l’arène.

Anastassia : Historiquement, l’Amérique du Nord se situe à l’avant-scène de l’innovation en apprentissage machine. En 2017, le continent a perdu en partie son leadership au profit de la Chine. Ce pays s’est engagé à devenir le chef de file mondial de l’IA d’ici 2030 et il investira 150 milliards de dollars pour atteindre cet objectif stratégique. Au cours de la dernière année, nous avons constaté de fabuleuses publications scientifiques sur le langage, la vision informatique et les réseaux contradictoires génératifs provenant de la Chine. J’espère que les entreprises traditionnelles aux États-Unis reconnaissent qu’elles pourraient perdre leur avantage concurrentiel aux mains de leurs homologues chinois et devoir repenser la façon dont elles déploient les ressources internes, font équipe avec les universitaires et traitent leurs données.

Melissa : Comment, selon vous, notre perspective des données mondiales positionne-t-elle de façon unique Dun & Bradstreet pour que l’entreprise puisse tirer profit des possibilités offertes par l’IA dans le contexte moderne, et ainsi produire une valeur pertinente pour le milieu des affaires?

Anastassia : Il n’y a pas d’acteur unique sur la scène mondiale qui possède les connaissances des affaires et de leurs liens chez Dun & Bradstreet. Néanmoins, nos concurrents nous ciblent par des données beaucoup moins évoluées. Les données ne sont que le début d’une conversation avec un client potentiel. Nous pouvons aider à résoudre des problèmes épineux pour les industries, vu que nous pouvons voir ce que personne d’autre ne peut voir, et identifier une goutte de vérité dans l’océan dense des données. Les technologies comme l’écoute sociale, le ciblage géospatial et la compréhension de la sémantique des diverses familles de langues aideraient à nous démarquer.

Anthony : De toute évidence, adopter une approche commune à la conservation d’une perspective mondiale unique des entités d’affaires, surtout les grandes organisations multinationales, est un avantage incommensurable. De plus, la capacité de voir la connexité d’une chaîne de valeur intégrée (clients, fournisseurs, titulaires des avantages communs) donne lieu à un riche ensemble de questions de recherche à aborder avec les méthodes d’IA évoluées. Considérez la convergence de phénomènes tels que les appareils autonomes, qui s’adonneront de plus en plus au commerce sans intervention humaine; la technologie financière, qui ajoute les nouvelles technologies dans une arène décisionnelle traditionnellement occupée par des processus de prise de décisions en matière de crédit bien compris; et l’IA. Comprendre les dynamiques complexes comme celle-ci qui ont cours partout dans le monde cadre à merveille avec la perspective mondiale unique de Dun & Bradstreet. Les autres peuvent être très intelligents et faire appel à des outils de pointe, mais ils ne peuvent tout simplement pas voir ce que nous pouvons voir dans nos données.

Melissa : Anastassia, en quoi le rôle des administrateurs et dirigeants des sociétés se transforme-t-il par suite de technologies émergentes perturbatrices comme l’IA?

Anastassia : Les conseils d’administration des sociétés sont le miroir de ce qui se passe dans le milieu des affaires. Ils se démènent souvent pour rattraper la cadence accélérée des perturbations technologiques. Le conseil d’administration de Dun & Bradstreet est très diversifié en termes d’expérience en commerce international, de représentation des genres et de connaissances industrielles. Conserver un esprit ouvert et apprendre au quotidien sont des activités importantes pour nous. L’IA, la cyberprotection et la chaîne de blocs sont des sujets nouveaux chez la plupart des administrateurs, alors notre conseil d’administration doit investir du temps pour comprendre les habitudes, reconnaître les risques et arrimer les nouveaux défis et notre modèle de gouvernance.

Melissa : Anthony, en quoi la science des données se transforme-t-elle par suite de l’évolution de l’IA?

Anthony : L’IA occupe une place dans la science des données depuis un certain temps déjà. Récemment, cependant, on note un lourd accent mis par la gestion sur cet aspect de l’innovation, ainsi que des pressions exercées par les événements relatés dans les médias qui ont trait aux capacités de l’IA utilisées à bon comme à mauvais escients. Le défi en science des données est d’éviter de s’empresser de « tester » chaque nouvelle méthode, simplement à cause de l’attrait que présente un concept nouveau. Maintenant, plus que jamais, il est primordial d’instiller une compréhension des conditions préalables, de la formulation des problèmes, des partis-pris et des autres principes analytiques qui sont au cœur de toute inférence à partir des données. À certains égards, nous devons accélérer la cadence en apprenant plus rapidement et en acquérant un ensemble plus vaste de compétences. À d’autres égards, il y a des domaines où nous devons ralentir un peu le rythme et contester ce que nous devrions croire afin d’appliquer une certaine méthode ou de déterminer quels nouveaux types de partis pris appliquant pareille méthode peuvent être intégrés à un processus décisionnel d’affaires.

Melissa : Merci encore une fois à vous deux de vos perspectives réfléchies sur ce que beaucoup estiment être un sujet complexe mais néanmoins important. À quoi pensez-vous que nous pouvons nous attendre de la poursuite du dialogue sur l’IA?

Anastassia : Je préfère penser à l’IA comme d’une possibilité pour Dun & Bradstreet. Imaginez les nouvelles offres comme les profils de cyberprotection des fournisseurs, les intuitions de données sociales sur les principaux concurrents et leurs produits, la prévision des données perdues ou non signalées par suite de catastrophes naturelles et d’autres sinistres, les rapports des conséquences des fusions sur les chaînes d’approvisionnement et l’économie d’une industrie qui pourrait être améliorée à l’aide de l’IA… En plus, nous pourrions souhaiter étudier comment les partenariats sont structurés à l’intérieur de nos entreprises, comment nous pouvons tirer profit au maximum de notre WWN et comment nous sommes perçus comme des penseurs chefs de file des données et des risques interentreprises ou C3E. Encore une fois, ce changement ne pourra survenir en l’espace d’une nuit. Néanmoins, procéder lentement, c’est procéder en douceur; et procéder en douceur, c’est éventuellement accélérer la cadence.

Anthony : Je recommande de porter une attention soigneuse à un certain nombre d’aspects, y compris les changements dans la réglementation (p. ex., la protection de la vie privée et l’IA explicable), l’IA utilisée à mauvais escient (p. ex., la cybercriminalité et les nouveaux types de cyber-intrusion), les questions liées aux appareils autonomes (p. ex., la modification des cibles sans intervention humaine) et la convergence entre l’IA et les autres évolutions perturbatrices (notamment l’Internet des objets ou IdO). Somme toute, je ne recommanderais pas d’adopter une « stratégie de l’IA » distincte, mais plutôt d’envisager que l’IA sous plusieurs formes soit intégrée de plus en plus aux divers aspects des projets commerciaux. Les défis pour les dirigeants comprennent la conservation des connaissances, la mise à jour des compétences existantes et l’acquisition/la conservation des talents. Peut-être maintenant plus que jamais, il est primordial pour les dirigeants d’avoir une perspective à long terme des évolutions comme celle de l’IA. Des gains rapides sont évidemment possibles, mais quelques-unes de ces capacités prendront un certain temps avant de mûrir au sein de l’organisation et le coût possible d’une omission à agir est simplement atterrant.

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L’évolution des technologies alimentées par les données et l’accès à ces technologies continuent de s’accélérer à l’échelle mondiale. Richard Baldwin, professeur d’économie internationale à l’Institut des hautes études internationales et du développement, situé à Genève, les qualifient de moment « vache sacrée ». Exposés dans The Great Convergence: Information Technology and the New Globalization, Baldwin explique ce moment comme suit : « Il arrive un point où le parcours exponentiel de la croissance technologique franchit la ligne droite de l’attente humaine, et c’est le point où le pouvoir réel de ces technologies que nous avons par ailleurs sur- ou sous-estimé s’abat vraiment sur nous. Je le qualifie de moment « vache sacrée ». Nous ne l’avons pas entièrement atteint encore avec les technologies de l’information et des communications (TIC) et n’en saisissons pas complètement le sens pour la mondialisation. Lorsque nous l’aurons fait, cela n’aura pas été le fruit d’un événement unique et soudain. »

Alors que le phénomène de l’IA se poursuit, le monde des affaires continuera de le surveiller, de l’appliquer et de s’y adapter. Les résultats varieront assurément selon l’industrie, l’emplacement géographique, les prouesses techniques et l’appétit pour les entreprises nouvelles et possiblement risquées. Mais il suffit de le dire, l’incidence de l’IA se fait sentir aujourd’hui et ne fera que continuer de prendre de l’essor demain.

Peut-être le romancier William Gibson l’a décrit le mieux en disant : « Le futur est déjà là — il n'est simplement pas réparti équitablement. »

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