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3 éléments clés pour devenir une organisation axée sur les analyses

Une séance de questions et réponses avec le responsable en chef des analyses de Dun & Bradstreet, Nipa Basu

« Une illusion laisse croire que vous devez être intelligent pour faire des analyses. Je peux vous assurer que cela n’est pas vrai ».

Cette assertion provient du responsable en chef des analyses de Dun & Bradstreet, Nipa Basu, alors qu’il discutait des résultats de l''étude des analyses des données d'entreprise de 2016 de l'éntreprise. Cela ne veut pas dire que l’analyse est facile; elle ne l'est pas. Mais, selon Basu, l’analyse est une pratique qui peut être maîtrisée grâce à la formation continue et en faisant preuve de diligence. « Il n’y a pas de mal à être intelligent, mais une bonne formation est beaucoup plus importante que le fait d'être intelligent », explique Basu. « L’analyse est un domaine qui évolue incroyablement. Le fait d’aller à l'école et d'obtenir un diplôme en analyse n'est pas assez. Aujourd’hui, les responsables d'analyses les plus efficaces sont ceux qui peuvent régulièrement apprendre quelque chose de nouveau et l'appliquer au rythme des affaires ».

Basu elle-même a plus de 20 ans d’expérience mais elle est constamment en train d'apprendre, même auprès de certains de ses membres de l'équipe plus jeunes. Ce sont la formation continue et les progrès, rester à l’avant-garde des dernières innovations technologiques et reconnaître la façon dont l'analyse fonctionne au sein de l'entreprise, qui mettront les entreprises sur la voie de devenir axées sur des analyses. « La seule chose que je recommande à toute équipe d’analystes de faire et que j'essaie de faire moi-même, c'est de tirer parti de tout ce qui se passe à l'intérieur et à l'extérieur des murs de l'entreprise afin que la pratique d'analyse de l'entreprise soit la meilleure possible », a déclaré Basu.

Nipa Basu dirigeant son équipeBasu mène des discussions quotidiennes pour comprendre comment les données des analyses peuvent avoir un impact sur tous les domaines de l’entreprise.

 

Comme l’indiquent les résultats de notre dernière étude, les organisations ont encore beaucoup à faire avant de pouvoir affirmer qu'elles sont axées sur des analyses par rapport à celles qui démontrent clairement qu'elles le sont. Alors, que peuvent faire ces entreprises pour favoriser un changement de culture analytique? Je me suis assis avec Basu pour recueillir ses pensées sur ce qu’il faut pour réussir avec l'analyse.

Comprendre ce que l’analyse signifie vraiment

« Je ne pense pas que tout le monde utilise la même définition de l’analyse quand ils utilisent le terme axée sur des analyses », a déclaré Basu. « Il y en a qui se limitent à l’aspect basique de l'analyse, examiner quelques lignes de données dans une feuille de calcul Excel ou utiliser des outils de visualisation, et se considèrent axéss sur des analyses car ils ne réalisent pas ce qui est possible au-delà de ces éléments fondamentaux. D’autre part, vous pouvez avoir une entreprise qui a mis la barre très haut par rapport à ce que les analyses peuvent faire et, par conséquent, se considère comme n'étant pas suffisamment axée sur des analyses. Chaque entreprise a déterminé son seuil de ce que l’analyse peut lui apporter, mais je pense que nous avons tous besoin d'atteindre un consensus général sur ce que l'analyse peut accomplir.

Je crois qu’une entreprise axée sur les analyses est celle qui prend réellement des décisions importantes sur la base des données pertinentes et des idées intelligentes.
Nipa Basu, responsable en chef des analyses, Dun & Bradstreet
 

« Je crois qu’une entreprise axée sur des analyses est celle qui prend réellement des décisions importantes sur la base des données pertinentes et des idées intelligentes ».

Pour Basu, l’analyse avancée constitue un véritable différentiateur. « Nous sommes témoins de l’adoption et de l'évolution de modèles d'analyses pour fournir des informations opportunes, pertinentes et précises afin de permettre des décisions commerciales plus intelligentes. L’analyse doit être suffisamment avancée pour qu'elle puisse contribuer à stimuler des résultats imprévus avant qu'elle ne soit être considérée comme un véritable avantage concurrentiel. Basu a vu une tonne d’analyses, mais pas assez de décisions basées sur ces données. « Nous devons arriver à un point où l’analyse est intégrée de façon transparente dans tous les aspects de la prise de décision en équipe; voilà la signification contemporaine du terme ».

 

Décloisonner des silos

Cela dit, l’un des plus grands défis relevé dans le cadre de la recherche était la capacité d'une organisation à partager les résultats de ses renseignements en dehors de ses services, un très grand obstacle quant à devenir axée sur des analyses selon la définition de Basu. « Je suis un peu surprise de la voir si cloisonnée », réfléchit Basu.

« Je crois fermement en une organisation axée sur des analyses. Lorsqu’il existe tant de silos avec de petites équipes d'analystes travaillant indépendamment les uns des autres, dans la plupart des cas, ils n'utilisent pas des analyses sophistiquées; l'on dirait qu'ils s'engagent juste dans le domaine de simples renseignements organisationnels. Il doit y avoir un responsable des analyses qui rassemble les services disparates afin qu’ils puissent porter l'analyse au niveau suivant.

« Un service peut utiliser un apprentissage automatique sophistiqué tandis qu’un autre élabore des feuilles de pointage appréciatives. Cela n’a pas de sens. Pour changer cette situation, une organisation centralisée en charge des analyses qui touche chaque service doit être en place. Par exemple, un analyste qui conçoit des modèles de marketing devrait prévoirr une ligne pointillée pour le responsable marketing, ainsi qu’une ligne droite pour le responsable des analyses qui est également en relation avec chaque fonction d'analyse du service. Chacun doit savoir ce que l’autre fait et la façon dont il influence l'activité en ce qui concerne la qualité des analyses produites. Un responsable principal doit être quelque part, supervisant tout ».

La qualité de ce responsable des analyses reste discutable. Basu croit que cette personne pourrait être semblable au responsable en chef des analyses, mais comprend que la plupart des entreprises peuvent ne pas être assez matures pour appuyer ce rôle. « Il s’agit d'un nouveau titre, et la plupart des entreprises n'ont pas encore un responsable des analyses, mais elles possèdent des responsables principaux des analyses. En fin, quelqu’un devrait assumer cette responsabilité. Quel que soit le titre que vous donnez à cette personne, il doit y avoir quelqu’un capable d'identifier les analyses qui génèrent des informations convaincantes et de comprendre comment elles peuvent être utilisées pour générer des revenus à travers l'entreprise.

Rechercher des informations à l’extérieur

À la fin de la journée, les renseignements d’une entreprise sont tout simplement aussi bons que les données qu'ils ont à portée de main. Parfois, les organisations ont besoin d’enrichir les données qu'elles possèdent avec des données tierces. Bien que de nombreuses équipes d’analyses aient reconnu, dans notre étude, qu'elles vont demander de l'aide à l'extérieur dans le cadre de leurs analyses, le pourcentage était très faible. Basu pense qu’ils ratent l'occasion de mieux comprendre leurs activités.

Je considère les données comme un orchestre et les analyses comme la musique créée par l'orchestre. La musique ne peut être créée sans l’orchestre.
Nipa Basu, responsable en chef des analyses, Dun & Bradstreet
 

« Sans des données intéressantes, il vous est impossible de produire des analyses intéressantes. Je considère les données comme un orchestre et les analyses comme la musique créée par l’orchestre. La musique ne peut être créée sans l’orchestre. Les données permettent de produire de bonnes notes pour faire une œuvre grandiose ».

Mais selon Basu, ce n’est pas seleument une histoire de donnée. Les équipes d’analyses peuvent également bénéficier d'un soutien externe en matière d'analyses.

« D’après mon expérience personnelle, parce que je travaille pour une entreprise d'analyse qui à son tour travaille avec des entreprises de Fortune 500, chacune avec ses propres équipes d'analyses existantes, je vois les avantages d'une approche externe », dit Basu.

 

« Le principal avantage est que nous travaillons avec plusieurs entreprises dans le même secteur. Nous comprenons donc parfaitement l’environnement. Nous investissons en permanence dans de nouvelles méthodologies et techniques d’analyse car nous devons maintenir notre avantage concurrentiel par rapport à d'autres entreprises d'analyse. Lorsque quelqu’un travaille avec nous, il bénéficie de cet avantage qu'il ne serait pas en mesure de développer par manque de ressources et d'outils. Il faut admettre qu’il n'est pas nécessaire qu'une entreprise qui ne fait pas dans cette activité d'analyse investissent autant d'argent et d'énergie pour ce faire. Par conséquent, avec nos données et modèles, nous pouvons fournir des renseignements qu’il n'aurait pas été possible de recueillir précédemment ».

Selon Basu, certaines entreprises peuvent être réticentes quant à travailler avec un fournisseur extérieur de peur d’exposer leur propriété intellectuelle. « Ce n’est tout simplement plus vrai », explique Basu.

« Évidemment, il existe un niveau professionnel de confiance lorsque vous travaillez avec un client, mais il n’y a aucune différence que lorsque vous embauchez votre propre spécialiste de données qui vous quitte par la suite pour rejoindre une entreprise concurrente. Il vous est impossible d’empêcher cela. En fin de compte, nous développons des résultats pour nos clients individuels, même lorsque nous travaillons avec des entreprises qui peuvent se considérer comme des concurrents.

« Vous savez que les analyses, dans une certaine mesure, peuvent être inddépendantes de l’industrie. Vous bénéficiez de ce que nous avons appris en travaillant non seulement dans l’industrie, mais aussi à l'extérieur de l'industrie. Nous sommes une entreprise mondiale et nous savons ce qui se passe dans le monde entier et comment les analyses peuvent être appliquées à ces situations. Généralement, cela ne peut être réalisé qu’en s'accociant avec un tiers ».

Basu pense que chaque organisation doit tenir compte de ces trois éléments essentiels pour être désormais axée sur des analyses.

« Il est vraiment important d’investir dans tous ces domaines. De l’équipe approprié aux dirigeants appropriés, jusqu'à l'utilisation du bon réseau d'assistance. L’analyse ne s'effectue pas toute seule, et son importance n'est pas ressentie dans des silos. Lorsqu’une décision rentable, qui n'était pas prévue, doit être prise, c'est alors que vous savez que vous faites partie d'une organisation axée sur des analyses.

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